Diplôme, mais pas d’emploi? Imane Belguenani (Open Vld) veut offrir le test de langue Selor et le permis de conduire à l’école : « Donnons aux jeunes de vraies opportunités ! »

Diplômé et sans emploi ? Il est temps que cela change ! Dans une ville où le taux de chômage des jeunes a atteint un inquiétant 28 % en 2024, des mesures concrètes sont nécessaires. C’est pourquoi la députée bruxelloise Imane Belguenani (Open Vld) a déposé une résolution au Parlement bruxellois avec une proposition forte : offrir un certificat de langue Selor et un permis de conduire à l’école. Deux atouts essentiels pour renforcer les jeunes bruxellois sur le marché du travail et leur offrir de véritables opportunités.
« Les jeunes méritent des opportunités, pas des excuses. En leur donnant ces outils essentiels, nous les rendons plus forts et plus autonomes sur le marché du travail », déclare Belguenani.
Plus d’opportunités grâce au bilinguisme
Bruxelles est une ville multilingue, mais pour de nombreux jeunes, cela représente un obstacle plutôt qu’un atout. Plus de 60 % des offres d’emploi exigent une bonne maîtrise du français et du néerlandais, alors que seulement 20 % des jeunes bruxellois entre 18 et 25 ans se sentent à l’aise dans les deux langues.
Pour K (25 ans), cela a été un véritable défi :
« J’ai eu du mal à trouver un emploi, principalement à cause de ma connaissance limitée du néerlandais. Certains candidats sont embauchés plus rapidement, non pas parce qu’ils sont meilleurs, mais simplement parce qu’ils parlent la langue. Les employeurs privilégient logiquement les personnes capables de communiquer avec le plus grand nombre de clients. »
J (25 ans) a vécu la même chose :
« J’ai vu des offres d’emploi pour lesquelles j’étais parfaitement qualifié, mais je n’ai même pas postulé parce qu’elles exigeaient la maîtrise du néerlandais. C’est frustrant. »
Belguenani propose d’intégrer le certificat officiel de langue Selor dans la dernière année de l’enseignement secondaire. Pas de stress supplémentaire ni de démarches administratives compliquées, mais un certificat précieux qui ouvre des portes sur le marché du travail.
Permis de conduire = Plus d’opportunités professionnelles
Saviez-vous que seulement 35 % des jeunes bruxellois possèdent un permis de conduire, contre 60 % en Flandre ? L’absence de permis ne les exclut pas seulement de certains emplois, mais limite aussi leur flexibilité sur le marché du travail.
Pour K (25 ans), c’était un véritable frein :
« Sans permis, il est plus difficile de trouver un emploi, surtout si l’on veut travailler en dehors de Bruxelles. Certaines entreprises sont mal desservies par les transports en commun. Avoir un permis, c’est multiplier ses chances. »
Pour J (25 ans), c’était même un critère éliminatoire :
« J’ai déjà dû renoncer à des emplois parce que je n’avais pas de permis. Parfois, c’est tout simplement une exigence, notamment dans les secteurs où l’on doit beaucoup se déplacer. »
M (24 ans) a un avis plus nuancé :
« Aujourd’hui, on peut se passer d’une voiture, mais cela limite énormément. Il faut travailler à proximité des grands axes de transport, sinon on rate des opportunités. »
Un outil indispensable, pas un luxe
La solution proposée par Belguenani ? Offrir gratuitement l’examen théorique du permis de conduire dans l’enseignement secondaire. Tout le monde n’a pas les moyens de financer des cours de conduite ou d’obtenir un permis en parallèle des études et du travail. Rendre cet examen accessible permettrait à davantage de jeunes de se déplacer plus facilement pour leurs opportunités professionnelles.
Un permis de conduire n’est pas un luxe, mais un véritable outil de travail. Ce besoin ne concerne pas uniquement les métiers commerciaux, mais aussi les secteurs de la logistique, de l’entretien des espaces verts et de la construction. Comment transporter son matériel sans permis? Comment accéder aux chantiers ou aux zones industrielles mal desservies par les transports en commun ?
« Cette proposition ne concerne pas le slogan ‘ma voiture, ma liberté’. Il s’agit d’un accès équitable au marché du travail. Un permis de conduire est un outil concret qui améliore les perspectives d’emploi des jeunes », insiste Belguenani.
L’avenir de la jeunesse bruxelloise
Ce plan n’est pas un luxe, mais une nécessité. Selon M (24 ans), l’école doit être un tremplin vers de meilleures opportunités : « L’école devrait être un levier social, un lieu où chacun a des chances égales. Mais dans la pratique, le système perpétue encore trop souvent les inégalités. Cette proposition pourrait vraiment changer les choses. »
En intégrant les tests linguistiques et le permis de conduire B dans l’enseignement secondaire, les jeunes ne se contenteraient pas d’obtenir un diplôme, mais aussi les moyens de réaliser leurs ambitions. « C’est ainsi que nous réduisons l’écart entre le talent et le marché du travail », conclut Belguenani.